Un voyage sur mesure.
Notre amie Elodie nous a rejoints pour ses 2 semaines de vacances. Véritable bouffée d'air pour chacun d'entre nous, ce séjour fut une réussite à de nombreux niveaux. Nous souhaitions qu'Elo reparte de son premier "grand voyage à l'étranger" avec un maximum de bons souvenirs. Nous avons donc tâché de garder cet objectif en tête tout au long de ces 15 jours, tout en accélérant le rythme de notre voyage.
Histoire de prendre quelques vacances, nous n'avons rien trouvé de mieux que de lui faire faire notre article ! Nous laissons donc ici la plume à notre "apprentie voyageuse"... en prenant bien sûr la liberté d'ajouter des Notes De La Redaction, C'est A Dire Emilie et Loic (NDLRCADEL).
- Samedi 14 et dimanche 15 avril 2007: La grande aventure commence ! Je décolle de Paris vers Madrid et j'enchaîne aussitôt avec un vol de nuit de 12h. Bon début, je passe une excellente nuit dans l'avion, qui l'aurait cru ? A peine arrivée à Santiago, je retrouve "mes stars du voyage" comme j'aime les appeler. Je n'y crois pas encore: je suis à l'autre bout de la planète, avec EMILIE et LOIC dans leur tour du monde. Les retrouvailles sont très émouvantes. Je passe de l'écran du blog à la réalité !Et quelle réalité ! Nous partons immédiatement à la découverte de Santiago et, pour commencer d'un bon pas, nous enchaînons avec l'ascension (NDLRCADEL: ascension, c'est vite dit !) de la colline San Cristobal (865m)! J'observe un très beau panorama de cette ville sud-américaine.
- Lundi 16 avril: Et en voiture Simone...Nous quittons Santiago du Chili pour Mendoza (comme dans les Cités d'Or), située en Argentine ! Tout au long de ces 8h de bus, je suis emerveillée (NDLRCADEL: sauf quand elle dort !) par la beauté des Andes, la diversité des couleurs et des formes montagneuses. C'est vraiment un "voyage panoramique" et en hauteur: nous passons un col à 3200m ! J'ai vraiment hâte que François m'explique l'orogenèse de ces montagnes...Tout s'est bien passé, mis à part que le chauffeur du bus a laissé le chauffage malgré la chaleur extérieure! Conclusion: il faisait plus de 37 degrés dans le bus à notre arrivée à Mendoza.
- Mardi 17 avril: Après une bonne nuit de repos (je commence à m'habituer aux 5h de décalage horaire), nous partons à la découverte de cette belle ville qu'est Mendoza. Chaque rue est bordée de part et d'autre par une multitude d'arbres qui rafraîchissent les 28 degrés ambiants. Et pour se désaltérer, quoi de mieux que de visiter les caves des environs ? Mendoza est très réputée pour ses vignobles, et nous avons la chance de découvrir plusieurs exploitations avec dégustation à la clef ! (NDLRCADEL: Nous ne buvons toujours pas de vin... Elodie a commencé et fini nos verres! ) En outre, nous apprenons tous les secrets de l'huile d'olive, autre spécialité de la région.
- Mercredi 18 avril: C'est LA journée du voyage. Pourquoi donc ? Et bien, imaginez que vous montez pour la première fois à cheval dans la pré-cordillère, guidé(e) par un magnifique gaucho. J'avais l'impression d'être dans un western avec un Zorro à mes côtes... Ah Gabriel !
(NDLRCADEL: on en a entendu parler pendant tout le séjour!).
Juste après cette fougueuse chevauchée, nous avons enchaîné avec notre premier saut en parapente ! Waouh! Grand moment de sensations et de stupéfaction devant la beauté des montagnes ! J'avais l'impression de jouir de la liberté d'un condor...
Vous me direz qu'avec tout ça, la journée était bien remplie, mais non ! Avec Emilie et Loïc, rien n'est jamais fini ! En soirée, nous avons assisté à un spectacle de tango. Moi qui adore la danse, j'étais comblée devant tant de sensualité et de séduction! Et quand Loïc a répondu à l'invitation de la charmante danseuse, j'étais ravie de voir cette scène : faut dire que ça payait grave d'admirer Loïc faire des petits pas avec ses sandales et son pantalon de randonnée (tenue correcte obligée, il a mis ce qu'il avait de mieux !), sous les yeux d'Emilie qui, elle, a refusé l'invitation du danseur...parce que sous la table elle avait enlevé ses chaussures... Vous comprenez donc à quel point cette journée fut extraordinaire. 
- Jeudi 19 avril: Après la folle journée d'hier, nous nous reposons toute la matinée...Et oui, je reprends des forces pour le VTT de l'après-midi. Nous avons roulé à travers les vignes en ponctuant notre balade par des dégustations de vins, liqueurs, confitures et chocolats (NDLRCADEL: nous précisons une fois encore que nous ne buvons pas d'alcool...) ! Les calories que je perds en vélo, je les retrouve ausitôt ! Bonjour le régime ! Petit clin d'oeil pour les flamands, y compris les exilés: cette après-midi sportive fut aussi économique:
- Alors que nous n'avions pas de monnaie pour le bus, une dame nous a généreusement offert nos 3 sièges. Sympa !
- Ensuite, en rendant nos bicicleta de montaña, le loueur nous a dit "au-revoir et merci" en oubliant de nous réclamer la somme dûe ! Toujours sympa !
- N'ayant toujours pas de monnaie (et pour cause !), le chauffeur de bus nous a gratuitement ramenés à Mendoza ! Merci m'sieur !
- Vendredi 20 avril: Et c'est reparti de plus belle, nous prenons le bus de Mendoza vers San Juan. Et là, je découvre un autre visage de l'Argentine: de grands espaces de pampa semi-désertique, avec malheureusement plusieurs chiens morts ecrasés sur la route. Nous arrivons dans cette ville de San Juan où nous sommes fort bien accueillis par la population. Et là, grande surprise, nous tombons sur un défilé de gauchos, ces cavaliers argentins, vêtus de costumes traditionnels et au port altier. Nous sommes les seuls touristes à assister à ce magnifique cortège teinté d'authenticité. 
- Samedi 21 avril: Cinq, quatre, trois, deux, un, PARTEZ ! Telle une fusée, nous décollons pour la Lune. Et oui, nous arrivons dans le parc d'Ischigualasto, appelé aussi "Vallée de la Lune" en raison des sculptures naturelles créées par l'érosion et du sol désertique faisant penser au paysage lunaire. Songez un peu (allez, je vous fais travailler), vous avez devant vous une mosaïque de couleurs: le blanc des formations rocheuses vieilles de 200 millions d'années, le rouge du canyon de la pre-cordillère, et le bleu d'un ciel resplendissant! Associez à cette palette de couleurs et de formes diverses des fossiles
et des squelettes de dinosaures (les plus vieux du monde retrouvés) et vous obtiendrez un environnement surréaliste ! Notre fusée nous emmène non seulement sur la Lune mais aussi en pleine Prehistoire. C'est un vrai "voyage dans le voyage", nous sommes comblés par ce dépaysement.

- Dimanche 22 avril: Nous quittons San Juan pour un petit village provincial, Barreal. Je prends conscience de ce qu'est l'Argentine profonde, là où il n'y a même pas internet ! Par conséquent, nous avons eu beaucoup de difficultés pour connaître le résultat des élections, que nous n'avons appris que le lendemain, par le journal local. Toutefois, nous découvrons avec joie le charme d'une posada. Qu'est-ce que c'est ? Une sorte de ranch aux couleurs jaune et vert, au coeur d'un grand domaine arboré. Les coquettes chambres sont blanchies à la chaux et il s'en dégage une atmosphère intimiste et rustique. 
- Lundi 23 avril: Emilie et Loïc me concoctent une de leur spécialité (NDLRCADEL: parmi tant d'autres, of course !): une belle rando de 2h dans la Pre-cordillère andine. Grâce à eux, j'apprends les techniques de ce sport...
Ah, ce sont vraiment de bons professeurs, patients, attentionnés, qui ne sont pas à 50m de moi comme un certain pseudo-randonneur de la Réunion (NDLRCADEL: Ouh là là, nos chevilles !).
Après le voyage lunaire, c'est encore un voyage dans le ciel et plus précisément dans les étoiles qui m'attend. Nous rejoignons l'Observatoire Astronomique de Barreal, à 2500m d'altitude, pour y passer la nuit. Nous sommes reçus comme des "petits Princes", et avons une chance inouïe: observer les planètes grâce à un téléscope puissant. C'est une première pour nous trois, on nous décrypte le ciel étoilé en nous présentant la Croix du Sud, Orion le Guerrier Céleste, Les Trois Maria, Saturne et ses anneaux et enfin, la Lune et ses cratères ! Soirée magique ponctuée d'éclats de rire !
Vous venez donc de lire le carnet de voyage d'Elodie... Vous avez sans doute remarqué sa longueur, et pourtant nous lui avions demandé de faire court... En fait, Elodie est atteinte d'une maladie: elle est bavarde ! Nous avons fait le test, chrono en main: 6 min sans parler est le maximum que nous ayons obtenu! Nous souhaitons donc revenir sur la réalité de son séjour. Voici la version de Loïc:
Elodie est arrivée avec une heure d'avance à l'aéroport de Santiago. Alors qu'Emilie et moi nous promenions les mains dans les poches dans le hall, nous avons vu avec stupéfaction que le vol A945 en provenance de Madrid était déjà là ! C'est donc en courant que nous sommes allés chercher Elodie, c'est elle qui nous a vu en premier. Nous étions ravis de nous retrouver, mais j'ai très vite compris quel enfer s'annonçait. Cette heure d'avance, j'aurais dû me méfier...!
C'est simple, dès l'aéroport, il me fut impossible d'en placer une. Emilie n'était pas en reste. Imaginez un peu deux piplettes qui se retrouvent à l'autre bout du monde, sans avoir échangé un mot depuis des mois, ça donne un truc inimaginable, un blabla continu, comme une machine infernale, impossible à arrêter. Elles en étaient essoufflées à force de bavarder. Fallait voir ça! Dans le métro, à l'hôtel, dans les magasins, aux toilettes, .... blablabla et blablabla, patati et patata. Même en se brossant les dents, elles caquettaient. Un vrai cas médical.
Dès le matin, elles ouvraient les yeux et hop, c'était parti. Le soir, alors qu'elles étaient toutes les deux crevées, ça continuait jusque tard... et patati et patata, et glou et glou. Leurs sujets de conversation me paraissaient illimités.
J'ai demandé au moniteur de parapente d'Elodie de "calmer" ses ardeurs parolières. Il lui a fait faire des acrobaties... Raté, à l'atterrissage, sur la piste, à peine avait-elle posé le pied à terre (ou plutôt les fesses !), on entendait "Génial ! Super!" et vlan, c'était reparti !
Pareil pour le cheval. Nous étions dans une vallée silencieuse, où l'on ne devait entendre que les cliquetis des chevaux, la nature et rien d'autre. C'était sans compter sur Elodie qui papotait toujours. Son cheval en était tant abasourdi qu'il n'avançait plus !
J'ai donc décidé de les emmener en randonnée en montagne, certain que l'effort allait ralentir leur débit. Ce fut pire ! L'écho renvoyait ces conversations féminines en double ! Caramba, encore raté ! Le pompon, c'est qu'avec elles, il faut s'arrêter toutes les 5 min pour prendre un chapeau, enlever un pull que l'on va remettre au plus tard dans 10 min, mettre de la crème, ... Au bilan, ça n'avance pas !
Idem pour les dégustations... Parfois, ça endort, mais chez Elo, ça n'a fait que relancer le moulin à paroles ! J'ai même envisagé de mettre des bouchons d'oreilles la journée.
Bref, quelle expérience ! J'en profite pour souhaiter beaucoup de courage à tous ceux qui, en France, subiront le récit de son voyage passionné. Déconnectez-vous de Skype, murez-vous, débranchez le téléphone, le cyclone picard revient lundi 30, plus gonflé que jamais.
Allez, "qui aime bien, châtie bien". Emilie se joint à moi pour te dire Elo "c'est où tu veux, quand tu veux!". Merci pour cet inoubliable cadeau d'amitié et tous ces bons moments... Et pour tous ceux qui ont encore des congés à liquider, il nous reste deux mois devant nous...et plus de visite ! Soyez les bienvenus !