De l'Or des Incas aux Dollars des Péruviens.

Publié le par Emilie et Loïc

Parce que nous sommes en fin de voyage, parce que nous avons pris le temps de nous reposer dans certains endroits sympathiques mais également à cause des ascensions en montagne de Loïc et de la venue d'Elodie, la durée de notre séjour au Pérou, dernier pays sud-américain de notre tour du monde devait être inéluctablement raccourcie.

Jusqu'à présent, nous avons tenu notre itinéraire en temps et en heure, même si le voyage se définit également par une liberté de choix et de destination, mais les deux semaines restantes semblaient bien courtes pour un pays aussi diversifié que le Pérou.
Nous avons donc décidé d'aller à l'essentiel et d'abord vers Cuzco, ancienne capitale inca et aujourd'hui ville coloniale superbement restaurée et entretenue.

Au coeur de la vallée sacrée des Incas, où l'on trouve de nombreux vestiges de cette civilisation, des ruines de Pisac au merveilleux Machu Picchu, Cuzco se place incontestablement comme l'une des plus belles villes d'Amérique du SudLa place principale de Cuzco. Ici, l'église de la Compañia. Ici, certaines ruelles pavées sont étroites, les maisons coloniales aux balcons en bois sculptés sont régulièrement repeintes, certains couvents sont bâtis sur de vieux murs incas, reconnaissables à leurs grosses pierres s'imbriquant parfaitement, Murs incas, rue de Cuzco, Pérou.et les églises et cathédrales, typiquement espagnoles, sont merveilleusement restaurées. Bref, Cuzco est une ville d'exception.

Mais tout ceci a un coût pour les touristes et si l'Etat péruvien semble investir beaucoup d'argent dans la conservation de ce patrimoine, il s'y retrouve largement, tant auprès du voyageur en groupe organisé que du routard au long cours. On s'explique au travers d'un exemple : les entrées de la plupart de ces sites sont incluses dans un " bolleto touristico " dont le prix, déjà élevé, a doublé par rapport à ce que nous avions dans notre guide.

Et que dire du prix du train, partant du nombril du monde (Cuzco) pour la cité perdue des Incas (Le Machu Picchu): 3 h de trajet vendues au prix de 78 US Dollars (60 euros; tarif en classe "économique" qui permettrait normalement de traverser la moitié du continent en bus !). Si on vous dit que les Péruviens paient, eux, leur ticket 4 euros, vous comprendrez mieux la politique touristique instaurée ici.
A cela s'ajoute encore l'entrée du site à 40 USD (30 euros) ce qui porte à près de 120 USD par personne la visite de quelques heures des ruines (insistons, ce ne sont que des ruines !) incas les plus célèbres du monde. Forcément, ça calme un peu les ardeurs !

Certains nous diront qu'un tel site, actuellement en course pour devenir l'une des 7 merveilles du monde moderne, vaut bien un tel sacrifice financier...mais il faut savoir que le Pérou a pensé à tout pour mettre les touristes à genoux:
- L'accès au Machu Picchu se fait en train, pour conserver le monopole de la société PeruRail. Les autorités ont ainsi volontairement négligé la construction d'une route qui permettraient le transport routier, moins coûteux, et bénéficiant à la population locale.
- Pour monter jusqu'au dit site, une piste très raide à 12 USD l'aller-retour en navette.
- Vous nous direz, faut y aller à pied ! Et bien le trek de l'Inca (marche de 4 jours empruntant d'anciens chemins incas) permettant d'atteindre les ruines, ne peut plus être entrepris seul et doit se faire par le biais d'une agence officielle: 200-250 USD minimum !
- On avait bien pensé trouver un petit chemin par derrière, discret... : impossible ! A moins d'être champion du monde d'escalade !
- Aucune indication n'est présente sur le site, pas un panneau, pas une ligne ! C'est plus pratique pour forcer les touristes à recourir aux services d'un guide! Et allez, encore 20 USD!
- Enfin, une loi interdit d'amener de la nourriture sur les lieux.... Et puis quoi encore ? Basta !

Alors voilà, nous avons payé...(si, si !) Mais on a quand même réussi à avoir le tarif réduit ! (Emilie tient à sa réputation ! Surtout ici!). Certes le Pérou est un pays beaucoup plus pauvre que nos riches nations européennes et utiliser son patrimoine à des fins économiques peut sembler honorable, mais comment ne pas s'insurger devant de telles disproportions et une hausse des prix si rapide ? Nous avons visité d'autres pays pauvres, comme le Cambodge et ses temples d'Angkor et nous n'avons pas eu ce sentiment d'être volés de manière légale; par exemple, à Angkor, pour 40 USD, on visite le site, bien plus grand, pendant 3 jours. Au Machu Picchu, pour y passer 3 jours, il faut payer 3 fois !

Bref, après la caisse, on peut enfin profiter de cette petite merveille: à la fois un formidable témoignage d'une civilisation précolombienne, mais aussi un cadre naturel exceptionnel.
Mais au fait, que signifie "Machu Picchu " ? Tout simplement, "montagne ancienne" en quechua... ! Le site est dominé par "Huayna Picchu", la "montagne jeune", pic vertigineux.
Ici, la végétation est plus tropicale, généreuse (tout comme les moustiques!). Tout est vert, humide;  on parle de "jungle d'altitude".
Vue sur le Machu Picchu. Au centre, la place centrale. E arrière plan, le Huyana Picchu, dont Loíc a fait l'ascension.
Pour la petite leçon d'histoire (rassurez-vous, c'est bientôt les grandes vacances !), le site fut occupé au XVème siècle, sous le règne de Pachacútec... et fut redecouvert en 1911 par l'archéologue américain H.Birgham. Enfin, redécouvert si l'on veut, puisque les Indiens eux n'avaient pas perdu de vue l'existence de ces ruines où deux familles vivaient encore au début du XXème siècle. De nos jours, seuls quelques alpagas y résident, mais ce n'est pas leur milieu naturel.

Au final, on ne sait pas grand chose du Machu Picchu et les suppositions sont nombreuses. Mais cet aspect énigmatique participe du mythe de la cité perdue.

Toujours est-il que cette ville pouvait abriter entre 1200 et 1800 personnes, visiblement le souverain inca et sa cour, ainsi que tous les services qui y sont attachés. On distingue  un quartier "chic", supérieur, fait de maisons en pierres parfaitement jointes (pour les édifices religieux et les notables) et une zone inférieure où les murs sont plus grossiers,: c'est là que résidaient les agriculteurs, vivant à côté des terrasees cultivées.
Dans le quartier des temples, au sommet de la cité, on remarque l'Intiwatana, c'est-à-dire le "lieu où l'on attache le soleil". C'est un promontoire pyramidal qui aurait servi d'observatoire astronomique. D'ailleurs, lors du solstice d'été, le soleil y perce par un trou dans une pierre: trop forts ces Incas!

Au final, déambuler entre ces ruines si photogéniques et  remarquer l'ingéniosité des Incas fut pour nous une expérience inoubliable.
Allégés en dollars mais pleins d'émotions, nous avons ressenti ce jour là le sentiment que notre voyage se terminait ici...et que nous pouvions alors revenir à la maison, heureux d'un "devoir accompli".

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Publié dans Amérique du Sud

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Voilà votre périple qui touche à sa fin avec à la clef encore un très bel article... Pour l'occasion j'aiguise mes cordes vocales et je fredonne ceci :<br /> " Au dessus des vieux volcans / Glissant des ailes sous les tapis du vent / Voyage Voyage / Eternellement / De nuages en marécages / De vent d'Espagne (à venir) en pluie d'Equateur (déja vues) / Voyage Voyage / vol dans les hauteurs / Au d'ssus des capitales / Des idées fatales / Regarde l'océan / Voyage voyage ...."<br /> J'espère que vous n'avez pas tout dépensé votre argent histoire de ramener un cadeau à l'ami qui doit "normalement" vous rendre les bouteilles de vin d'Afrique du Sud, les livres, les vêtements et j'en passe... J'espère parce que sinon ce n'est pas moi qui vais chanter mais moi qui vais VOUS faire chanter ...<br /> A bon entendeur...<br /> PS : j'aime les Koalas : RENDEZ MOI MON POINT !!!!!!!!!!!
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