La Pa, La Pa, La Pazzz !
"La Pa, La Pa, La Pazzz ! ": c'est ainsi que les chauffeurs de bus boliviens scandent la destination de la capitale,
d'une voix chantante. Si la capitale la plus haute du monde se nomme officiellement " Ciudad de Nuestra Señora de La Paz " (Ville de Notre-dame
de la Paix), elle n'a rien de "paisible", surtout que nous y sommes arrivés le jour le plus animé de l'année: C'était samedi 2 juin, jour du Gran
Poder (qui rime avec Grand Bordel): c'est LA fête de La Paz, celle qui occupe toute la ville durant 2 jours, surtout celle pour laquelle il faut arriver la veille ou le lendemain, mais
jamais pendant, ce que nous avons fait ! Venant du nord du Chili, en bus, nous sommes arrivés vers 17h, au beau milieu de ce défilé folklorique long de plusieurs kilomètres, attirant des milliers
de spectateurs et bloquant toutes les rues. Ah, la bonne idée ! Nous étions là, plantés avec nos sacs à dos au milieu de la foule pressante, à essayer vainement de franchir les principales
artères à pied; ça faisait un peu "Braderie de Lille", version bolivienne. "Passage interdit" entend t-on, "aucun
taxi ne passe"... Ah, la bonne nouvelle ! Nous voulions nous installer dans un hôtel central, au coeur du quartier touristique... Après une heure et demie de tentatives, nous finissons par
trouver notre sauveur : un passage souterrain ! OUF! Nous nous installons enfin, il est 19h.
Dans les rues, ça chante, ça danse, ça tambourine de tous les côtés. Le spectacle est impressionnant par ses couleurs. Tous les danseurs sont costumés et maquillés, on se croirait à Rio de Janeiro. Bien sûr, nous ne vous livrons pas de photos, car une telle foule n'invite pas forcément à étaler ses richesses ! D'autant que 5 min à peine après avoir posé le pied dans la rue, une bousculade provoquée avait déjà permis à un Bolivien de sortir le porte-monnaie de Loic de sa poche. Mais, hé, hé, bande de p'tits malins, il est toujours attaché à son short par une cordelette! Bien tenté quand même ! Fatigués par cette cacophonie, nous avons malgré tout bien dormi. Dans la rue, le cortège carnavalesque s'est poursuivi jusque 3h du matin, certes un peu désorganisé et très imbibé d'alcool !
La ville de La Paz a été fondée dans un site d'exception. Elle s'étage de 3200 à 4000m d'altitude, au fond d'un large canyon. Lorsqu'on y arrive depuis l'altiplano, le regard ne peut quitter la vitre du bus: c'est un paysage urbain unique, très terne. Les habitations de brique, couleur terre, épousent tous les flancs de la vallée. Une cuvette monochrome.
Dans les rues, ça chante, ça danse, ça tambourine de tous les côtés. Le spectacle est impressionnant par ses couleurs. Tous les danseurs sont costumés et maquillés, on se croirait à Rio de Janeiro. Bien sûr, nous ne vous livrons pas de photos, car une telle foule n'invite pas forcément à étaler ses richesses ! D'autant que 5 min à peine après avoir posé le pied dans la rue, une bousculade provoquée avait déjà permis à un Bolivien de sortir le porte-monnaie de Loic de sa poche. Mais, hé, hé, bande de p'tits malins, il est toujours attaché à son short par une cordelette! Bien tenté quand même ! Fatigués par cette cacophonie, nous avons malgré tout bien dormi. Dans la rue, le cortège carnavalesque s'est poursuivi jusque 3h du matin, certes un peu désorganisé et très imbibé d'alcool !
La ville de La Paz a été fondée dans un site d'exception. Elle s'étage de 3200 à 4000m d'altitude, au fond d'un large canyon. Lorsqu'on y arrive depuis l'altiplano, le regard ne peut quitter la vitre du bus: c'est un paysage urbain unique, très terne. Les habitations de brique, couleur terre, épousent tous les flancs de la vallée. Une cuvette monochrome.

Ici, la logique spatiale est inversée: d'habitude, dans les villes, les populations riches vivent sur les hauteurs. Mais à ces altitudes, chaque fois que l'on s'élève de 100m, la température baisse de 0.7 degré. Alors les quartiers riches sont installés au fond de la cuvette et les pauvres résident à El Alto, à 4000m, sans chauffage, bien sûr.
Malgré cela, la ville est très animée et colorée: les trottoirs sont recouverts de marchandises, les boliviennes portent des tissus multicolores. C'est aussi très bruyant, ca grouille, les taxis klaxonnent sans cesse, la circulation est chaotique. Mais La Paz est également une ville très pauvre et les petits métiers sont omniprésents : cireurs de chaussures, vendeurs de cacahuètes... Beaucoup d'enfants travaillent, les petites filles aident à la maison souvent. N'oublions pas que la Bolivie est l'un des pays les plus pauvres du monde. Sa capitale le reflète bien.
Pour autant, on se s'est jamais sentis en insécurité ( Bon, OK, on ne s'est jamais promenés vers 2h du matin avec nos Cartes Bancaires sur nous !). Nous avons passé à La Paz une semaine excellente en compagnie d'amis de voyage venus nous y rejoindre: citons Anne et Yoann et Mirjam et Olivier.
S'il n'y a pas grand chose à voir dans la ville même (plaza san Francisco, musée de la coca, quelques demeures coloniales), il y a en revanche beaucoup à faire dans les environs.
Ainsi, à 70 kms de là, nous sommes allés voir les ruines de Tiwanaku, du nom d'une civilisation antérieure aux Incas (apogée du 8ème au 12ème siècle) qui établit là sa capitale. Globalement, nous avons été déçus : les explications étaient lacunaires et il fallait une grande imagination pour y voir les restes d'une brillante civilisation. Néanmoins, avec la Porte du Soleil, le mur amplificateur de son , les masques d'un temple souterrain et quelques monolithes, on pouvait se croire dans "Tintin et le Temple du Soleil". Hergé se serait en effet inspiré de ce site pour écrire sa célèbre BD!

Notre semaine passée à La Paz ne le fut pas tant pour l'intérêt limité de la ville que pour son environnement exceptionnel.
Ainsi, de l'autre côté de la cordillère royale se trouvent les Yungas, hautes vallées verdoyantes faisant la transition entre l'altiplano et les plaines amazoniennes. Depuis le début de l'année, une nouvelle route relie La Paz aux Yungas. Mais jusqu'à l'année dernière, ce trajet empruntait la "route la plus dangereuse du monde", encore surnommée la "route de la mort". Ce titre était parfaitement justifié: c'est une piste de 35 kms de long, large d'environ 3m, ne permettant pas aux véhicules de se croiser avec aisance, et taillée à flanc de montagne. En moyenne, il y avait auparavant un accident mortel par semaine (camions, voitures, bus). Le précipice est parfois profond de 1000 mètres.
Depuis plusieurs années, Emilie avait formellement interdit à Loic la simple possibilité d'évoquer cette route...que beaucoup de touristes descendaient en VTT, à la recherche de sensations fortes et au péril de leur vie.
Mais le gouvernement bolivien a enfin fermé cette route maudite. C'est une très bonne nouvelle, surtout pour Loic ! Désormais, les touristes sont les seuls à l'emprunter; ceci change toute la donne...il n'ya plus de risque de tomber nez à nez avec un gros truck au détour d'un virage en épingle à cheveux. Alors ca y est ! Nous l'avons descendue, nous aussi, à VTT, au cours d'une journée inoubliable (Rappelons qu'Emilie est spécialiste en descente !).

Le départ se fait depuis un col à 4700m d'altitude pour arriver à 1200m, soit 3500m de dénivelé sur une longueur totale de 64 kms. De l'altiplano sec aux bananiers et aux cascades vaporeuses. Cela faisait bien longtemps que nous n'avions plus vu de papillons, de fleurs ni senti d'odeurs tropicales. On s'est progressivement déshabillés au cours des 4h de descente pour arriver en tee-shirt. Nos bras n'avaient pas pris l'air depuis des mois. Les moustiques, eux aussi, étaient ravis !
Mais comment aller en Bolivie sans profiter des joies de la montagne (dixit Loic)? La Paz est en effet située au pied d'une imposante chaîne de montagne, la Cordillera Real (cordillère royale), dont le nom donné par les premiers conquistadores évoque la majesté. Plusieurs ascensions s'offraient à Loïc (Illimani, huayna Potosi, Alpamayo Pequeño) mais c'est finalement vers l'esthétique Condoriri (La Cabeza Del Condor) que Loïc s'est tourné. Une nuit de bivouac au bord de la Laguna Chiarkhota (plus belle chambre de Bolivie) fut de nouveau nécessaire avant d'attaquer la montagne.
En forme d'amphithéâtre, le massif du Condoriri s'ouvre, tel un paradis pour alpinistes, à 180 degrés autour de la lagune. La silhouette des sommets est vraiment unique, mais la Cabeza Del Condor (la tête du condor) dominant tous les autres sommets du massif, est de loin la plus belle. Son ascension offre à ses prétendants un panel varié des différentes techniques de grimpe: un pierrier long et fatiguant (dont on se serait aisément passé), une remontée sur glacier serpentant entre de profondes crevasses, un couloir de neige incliné à 65 degrés et enfin, une longue arête, raide et aérienne, offrant un panorama à couper le souffle (qui l'est déjà) sur toute la chaîne.

Comble du bonheur, les conditions climatiques exceptionnelles (soleil, absence de vent) ont rendu cette ascension très agréable (contrairement aux conditions sur le Parinacota), bien que fatiguante (3 grosses ascensions en 8 jours !).

Pour Loïc, cette sortie en montagne représente probablement sa meilleure expérience à ce jour, car l'une des plus techniques mais aussi l'une des plus belles. Et pour Emilie, ce fut 2j de repos, de bons restos et de shopping entre amis à La Paz.
Toujours accompagnés de Mirjam et Olivier, nous avons enfin quitté La Paz pour rejoindre Copacabana, sur les rives du Lac titicaca, plus haut lac naviguable du monde (3810m).
Retrouver un paysage lacustre, des barques peintes de couleurs vives, et une ambiance de plage nous a fait beaucoup de bien même si nous
sommes toujours à haute altitude.
Bercé de légendes, le Lac Titicaca est un lieu mythique pour nous, une grande étape de notre voyage. Il était aussi symbolique pour les Incas. Quand on arrive sur ses rives, on comprend vite pourquoi le lac fut sacré: la beauté a toujours inspiré les grandes civilisations. On dit que les Incas y auraient englouti leur trésor pour le sauver des mains avides des Espagnols. On entend aussi qu'une ville giserait sous ses eaux... Le mythe est loin de s'éteindre.
Bercé de légendes, le Lac Titicaca est un lieu mythique pour nous, une grande étape de notre voyage. Il était aussi symbolique pour les Incas. Quand on arrive sur ses rives, on comprend vite pourquoi le lac fut sacré: la beauté a toujours inspiré les grandes civilisations. On dit que les Incas y auraient englouti leur trésor pour le sauver des mains avides des Espagnols. On entend aussi qu'une ville giserait sous ses eaux... Le mythe est loin de s'éteindre.
Cette mer intérieure n'est pas homogène; elle est parsemée d'îles aux noms qui laissent rêveurs.
Nous avons ainsi passé une journée à traverser à pied l'île du Soleil, sur
les traces des Incas. Leurs anciennes voies longent les crêtes. Trois plans se succèdent, de toute beauté : l'île, le lac, la Cordillère Royale. On se prend pour un Inca, au pied de la Roche
Sacrée ou du temple labyrinthique, mystérieux, surplombant le lac scintillant. En continuant, on traverse des terrasses incas cultivées aujourd'hui par les quelques habitants de l'île. Quelle
chance de vivre ici, dans ce décor quasi-méditerranéen, fait de pierre, de sable blanc, de collines et baigné par les eaux limpides du lac.
Après 25 jours de régal en Bolivie (culture, nature, sport, paysages), nous continuerons notre route sur les rives du Titicaca, qui unit deux pays. Nous poursuivrons vers Cuzco, sa vallée sacrée et le Machu Picchu: le coeur de l'empire Inca, ou le Pérou d'aujourd'hui.
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