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  • : Emilie & Loïc : l'école buissonnière autour du monde
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  • : Emilie et Loïc -STOP- 34 et 37 ans -STOP- mariés - Maman et papa d'Ulysse, 4 ans ! et Olympe 2 ans -STOP-Passion:"Voyage, voyage..."-STOP-
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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 23:03

Voici enfin la face cachée de nos deux derniers pays sud-américains...
Etonnamment, la rubrique "le Pire" est un peu plus étoffée que d'habitude,  mais cela s'explique : il s'agit de deux pays en développement et donc plus difficiles à aborder après le Chili ou l'Argentine; ensuite, nous sommes en fin de voyage...et cela veut dire beaucoup. Nous ne sommes plus "neufs", et de ce fait, moins patients, moins tolérants, lassés peut-être d'un manque d'organisation général. On l'avoue, on s'est fâchés plusieurs fois...à ce niveau là, on est contents de rentrer!

Néanmoins, les rumeurs sur ces deux pays étaient parfois mauvaises... Nous y avons pourtant passé d'excellents moments, et avons vu des paysages absolument fantastiques qui resteront dans nos mémoires en lieu et place des petits moments d'agacement !
Cependant, notre préférence va largement à la Bolivie, plus authentique, moins touristique que le Pérou.

Le MEILLEUR:

- Nous avons augmenté notre standing pour ces deux pays..., et donc notre budget !  Résultat : de jolis hôtels la plupart du temps, bien décorés avec salle de bain privée systématique, vraie réception, TV5 et tout le tralala... Pour le coup, nous choisissions toujours la 2ème ou 3ème catégorie d'hôtels recommandés par nos guides... Un peu moins routards donc, mais ça nous a fait le plus grand bien. Disons que pour 15 ou 20 €, on a des hôtels de classe internationale ici.

- Les rencontres : Anne et Yoann, Pierre et Nathalie, Mirjam et Olivier, Capucine et Sylvain, Nicolas et Nadia, Johannes, Vincent ... Citons encore Anthony et Anthony, retrouvés par hasard dans une rue de Cuzco...On s'étaient quittés à Durban en Afrique du Sud !
Nous avons fait un bout de route avec chacun, c'est toujours très sympa.

- Le coût de la vie en Bolivie: 0.2€ l'heure d'internet en Bolivie,2€ un menu complet, 0.6€ le kilo de linge lavé et séché dans une laverie ...

- Les paysages, variés et colorés: salar, vallées, volcans, montagnes, jungle d'altitude, déserts, champs cultivés, sites Incas...

- S'acheter des souvenirs ! Depuis 9 mois qu'on se prive, ici, ça fait du bien, même si on ne peut pas tout ramener ni trop se charger (on a déjà deux gros cabas en plus!). L'artisanat est vraiment authentique et de bonne qualité. Pas de contrefaçons ici !

- Notre excellente santé: nous sommes en pleine forme: une légère toux pour Loïc et disons deux nuits "SOS intestins en danger"... C'est tout et tant mieux pour deux pays où l' hygiène est un concept lointain !

- La facilité de voyager : on lève le doigt et un taxi apparaît, on souhaite prendre un bus : pas de problème, il y en a toujours un en partance... Changer une date de départ : c'est déjà fait ! Les transports sont globalement peu coûteux, sauf un (cf. "Le Pire")

- Cuzco: la plus jolie ville qu'il nous a été donné de voir en Amérique du Sud: très bien conservée.

- Les fêtes folkloriques inattendues: Pérou et Bolivie sont deux pays qui adorent les défilés en tous genres: nous en avons vu à Potosi, à Cuzco, à La Paz... Fanfares de sortie, costumes magnifiques... Tous aiment danser, ou chanter, des plus jeunes aux plus âgés... Le bonheur du touriste !

- La musique andine, présente partout... On est bien dans l'ambiance !

LE PIRE:

- le froid ! Toutes ces nuits où il n'y avait que 10 degrés... S'habiller le matin avec des vêtements glacés est vraiment désagréable. Même chose quand on sort de la douche à peine chaude ! Ça pèse sur le moral à force ! De plus, la notion de chauffage leur est parfaitement inconnue, les fenêtres ne sont jamais bien scellées, et les portes sont toujours grandes ouvertes ! Aaahh glagla !  On a envie de soleil comme jamais !

- Les bus en mauvais état: D'ailleurs, après une bonne semaine en Bolivie, notre bus n'a pas eu le temps de freiner face au gros truck qui se profilait au détour d'un virage , sur une piste étroite : Boum ! Aucun mal, mais une grosse peur. Nous étions au premier rang (c'est mieux pour nos grandes jambes!). Quand on repense à cet americain idiot qui nous a dit "Super, être au premier rang, c est génial !" et qui filmait déjà la scène.... Après 1h, le bus a pu repartir, avec une semelle en guide de plaquette de frein (véridique !) et en roulant à 10 à l'heure car sa roue était tordue... Pire, lors de l'accident, les passagers que nous étions étaient enfermés à clef par le fils du chauffeur, malgré nos reclamations. Emilie a fini par confisquer la clef (on ne se refait pas!).

- L'état des routes : euh, comment dire... : défoncées, trouées, non asphaltées, ...?

- Les prix "attrape-touriste" au Pérou notamment: des prix multipliés par deux, trois voire dix. Un système de double prix : étranger/locaux... ça s'appelle de la discrimanation légale et c'est très injuste. Le meilleur exemple est celui du Machu Picchu (cf. Article). De même, pour les ruines de Tiwanaku, le prix est de 8 , alors que l'année dernière, c'était 5 euros et que ça ne les vaut pas du tout ! A titre de comparaison, c'est le même prix qu'au Louvre ! Précisons que les locaux paient moins d'un euro, eux !
Encore un exemple: c 'est au Pérou que nous avons payé les timbres les plus chers de tout notre tour du monde (et ce n'est pas le pays le plus éloigné): 1.5€  ! Forcément, les péruviens n'envoient pas de cartes postale eux !

- Les films débilo-sanguimo-violents diffusés à bord des bus longue distance. On en peut plus ! Lors de notre dernier trajet, on a eu droit à Fast and Furious jusque minuit, ça hurlait dans nos pauvres oreilles désireuses de calme...

- La taxe d'aéroport exorbitante payable à Lima... 30 USD par personne, le pompage de fric jusqu'au bout ! C'est pô juste !

- Notre grosse frayeur, lorsque à j-9 du départ, la compagnie aérienne Ibéria nous a annoncé que nos billets d'avion étaient imvalides, suite à une erreur d'un employé de la compagnie Lan Chili. On nous proposait comme date de retour en France le... 19 juillet ! C'est l'équipe de notre agence Oihana qui a fait l'impossible pour nous sortir du pétrin ! Chapeau bas et merci encore...

- L'organisation nullissime de notre tour au salar d'Uyuni: conditions rudimentaires, chauffeur qui subtilise les repas destinés aux touristes, refus d'arrêts pipi ou photo, pas de chauffage dans le véhicule par -15, retards, 4x4 déglingué....
Emilie est allée se plaindre... Ils ont tellement eu la trouille qu'elle est sortie avec 20 dollars ! 
Forts de cette expérience malheureuse, nous avons toujours exigé par la suite un détail complet par écrit  des prestations que nous achetions et nous essayions au maximum de ne pas payer l'intégralité de la sommes dûe: quand ils n'ont pas tous leurs sous, ils refléchissent ! On s'est fait avoir une fois, pas deux ! Foi de Milie !

- Le trajet Cuzco-Lima: 22h de trajet, des centaines de virages, 3 petits arrêts, des films à gogo, de la musique dès 7h du matin... LE trajet de trop, on est arrivés très fatigués à Lima.

- Toujours devoir marchander, négocier au risque sinon de se faire rouler. Aucun prix n'est fixe, même pour une bouteille d'eau. A Cuzco, les chauffeurs de taxi demandent systématiquement un prix plus élevé... C'est usant !

- Lima, la Grise et Moche: jamais nous n'avons vu aussi vilaine capitale, toute de bric et broc. Même les feuilles des quelques arbres qui essaient d'y survivre sont recouvertes d'une pellicule grise. Les palmiers sont tous en fin de vie. La ville est enveloppée d'un épais brouillard de pollution. C'est aussi très hundie. Résultats : allergies et éternuements par dizaines pour Emilie. Heureusement que ce fut pour nous la ville de départ et non d'arrivée !

- Les odeurs... Ici, Titicaca rime avec Pipi-Caca...(désolés !)

- L'impolitesse de nombreuses personnes: vas-y que je te passe devant dans une file d'attente, que je te pousse pour sortir en premier du bus.. Pour réclamer quelque chose au chauffeur de bus, les Péruviens tapent du pied plusieurs fois... Enfin, "bonjour, merci", ils ne connaissent pas !

- La non-communication de certains locaux lorsqu'un problème se présente : on part ? on ne part pas ?.... Ici, on attend et on ne pose pas de question. A la fin, c'est super énervant !

- La conduite dangereuse de certains chauffards. On etait obligés de leur dire "ralentissez ou on ne paie pas" pour qu'ils cessent de doubler dans les virages ou de couper la route aux autres. Olivier,  lui a aussi un bon truc: commes ils sont tous chrétiens et ont tous un Christ dans leur voiture, il utilisait cet argument pour les faire ralentir ou les forcer à être honnêtes !

- la pression permanente liée à l'insécurité : ici, on entend parler de vols, de menaces, de cutter, de faux taxis, de faux policiers. Alors on est toujours sur ses gardes, c est pénible. Nous sommes souvent sortis sans affaires, ni appareil photo par exemple. Par contre, pour nous grande prudence = aucun problème !

- les douches électriques: non seulement on a peur de se prendre du jus, mais ça ne chauffe qu'une petite quantité d'eau : donc soit c'est grandes eaux, et pas chaud, soit on se lave avec un filet d'eau chaude!

- la pauvreté. travail des enfants, parfois très jeunes (3 ou 4 ans), misère des habitations, mendiants,.... C'est une réalité dans les deux pays. Quand nous parlons de chauffage, eux n'ont même pas les moyens de mettre des vitres à leurs fenêtres... Etre touriste ici, c'est parfois TRES gênant.

- Le relief ! Aucune ville n'est plate, on ne fait que monter ou descendre ! Il faut bien réfléchir à son itinéraire !

- Le Big Business à Cuzco et au Machu Picchu: 75 dollars le billet de train par personne, 12 dollars les 4 kms en bus A/R quand on paie ce prix là pour faire 600 kms ailleurs dans le pays,... Touristes = vache-à-lait au Pérou, et c'est bien dommage. Peu de routards ici et pour cause !

-Les claviers en mauvais état des ordinateurs ! C'est très pénible ! Souvent, on ne voit plus les lettres ! Et quelle galère pour les accents! Pour cet article, nous avons dû nous y reprendre à 3 fois, sur 3 trois ordinateurs différents (l'un pour les graves, l'autre pour les cédilles et les circonflexes, ...)

-Les posters porno dans les bureaux officiels : douane, poste. Ici, on décore avec ce que l'on a !

- la musique : OK, c'est bien, on est dans l'ambiance, mais "señora" et " mi corazon" à tout bout de champ, on n'en peut plus! On a eu le droit à de nombreux groupes de musique dans les restos, sur le bateau... A chaque fois que nous étions un peu au calme, ils étaient là!

- l'eau froide des robinets... Ras-le-bol !

- la grosse araignée noire et velue trouvée un matin, dans notre lit, dans la SUITE de notre hôtel à Cuzco! Y a pas, le Pérou, c 'est le Pérou !

- les klaxons tout le temps, pour tout, pour rien...

- la pression touristique permanente du Pérou:  des dizaines de petits vendeurs à la sauvette qui se succèdent pour vous vendre cartes postales, poupées, bijoux dont vous n'avez pas besoin.. Un veritable harcèlement, parfois agaçant.

- la bombe lacrymo  qui a été lancée par la police bolivienne dans le restaurant de Potosi où nous dînions... La police voulait ainsi éloigner des manifestants étudiants. Avant de se rendre compte que c'etait seulement du gaz lacrymogène , on a vraiment eu peur de cette fumée qui brûlait les yeux et empêchait de respirer.

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22 juin 2007 5 22 /06 /juin /2007 13:26

Parce que nous sommes en fin de voyage, parce que nous avons pris le temps de nous reposer dans certains endroits sympathiques mais également à cause des ascensions en montagne de Loïc et de la venue d'Elodie, la durée de notre séjour au Pérou, dernier pays sud-américain de notre tour du monde devait être inéluctablement raccourcie.

Jusqu'à présent, nous avons tenu notre itinéraire en temps et en heure, même si le voyage se définit également par une liberté de choix et de destination, mais les deux semaines restantes semblaient bien courtes pour un pays aussi diversifié que le Pérou.
Nous avons donc décidé d'aller à l'essentiel et d'abord vers Cuzco, ancienne capitale inca et aujourd'hui ville coloniale superbement restaurée et entretenue.

Au coeur de la vallée sacrée des Incas, où l'on trouve de nombreux vestiges de cette civilisation, des ruines de Pisac au merveilleux Machu Picchu, Cuzco se place incontestablement comme l'une des plus belles villes d'Amérique du SudLa place principale de Cuzco. Ici, l'église de la Compañia. Ici, certaines ruelles pavées sont étroites, les maisons coloniales aux balcons en bois sculptés sont régulièrement repeintes, certains couvents sont bâtis sur de vieux murs incas, reconnaissables à leurs grosses pierres s'imbriquant parfaitement, Murs incas, rue de Cuzco, Pérou.et les églises et cathédrales, typiquement espagnoles, sont merveilleusement restaurées. Bref, Cuzco est une ville d'exception.

Mais tout ceci a un coût pour les touristes et si l'Etat péruvien semble investir beaucoup d'argent dans la conservation de ce patrimoine, il s'y retrouve largement, tant auprès du voyageur en groupe organisé que du routard au long cours. On s'explique au travers d'un exemple : les entrées de la plupart de ces sites sont incluses dans un " bolleto touristico " dont le prix, déjà élevé, a doublé par rapport à ce que nous avions dans notre guide.

Et que dire du prix du train, partant du nombril du monde (Cuzco) pour la cité perdue des Incas (Le Machu Picchu): 3 h de trajet vendues au prix de 78 US Dollars (60 euros; tarif en classe "économique" qui permettrait normalement de traverser la moitié du continent en bus !). Si on vous dit que les Péruviens paient, eux, leur ticket 4 euros, vous comprendrez mieux la politique touristique instaurée ici.
A cela s'ajoute encore l'entrée du site à 40 USD (30 euros) ce qui porte à près de 120 USD par personne la visite de quelques heures des ruines (insistons, ce ne sont que des ruines !) incas les plus célèbres du monde. Forcément, ça calme un peu les ardeurs !

Certains nous diront qu'un tel site, actuellement en course pour devenir l'une des 7 merveilles du monde moderne, vaut bien un tel sacrifice financier...mais il faut savoir que le Pérou a pensé à tout pour mettre les touristes à genoux:
- L'accès au Machu Picchu se fait en train, pour conserver le monopole de la société PeruRail. Les autorités ont ainsi volontairement négligé la construction d'une route qui permettraient le transport routier, moins coûteux, et bénéficiant à la population locale.
- Pour monter jusqu'au dit site, une piste très raide à 12 USD l'aller-retour en navette.
- Vous nous direz, faut y aller à pied ! Et bien le trek de l'Inca (marche de 4 jours empruntant d'anciens chemins incas) permettant d'atteindre les ruines, ne peut plus être entrepris seul et doit se faire par le biais d'une agence officielle: 200-250 USD minimum !
- On avait bien pensé trouver un petit chemin par derrière, discret... : impossible ! A moins d'être champion du monde d'escalade !
- Aucune indication n'est présente sur le site, pas un panneau, pas une ligne ! C'est plus pratique pour forcer les touristes à recourir aux services d'un guide! Et allez, encore 20 USD!
- Enfin, une loi interdit d'amener de la nourriture sur les lieux.... Et puis quoi encore ? Basta !

Alors voilà, nous avons payé...(si, si !) Mais on a quand même réussi à avoir le tarif réduit ! (Emilie tient à sa réputation ! Surtout ici!). Certes le Pérou est un pays beaucoup plus pauvre que nos riches nations européennes et utiliser son patrimoine à des fins économiques peut sembler honorable, mais comment ne pas s'insurger devant de telles disproportions et une hausse des prix si rapide ? Nous avons visité d'autres pays pauvres, comme le Cambodge et ses temples d'Angkor et nous n'avons pas eu ce sentiment d'être volés de manière légale; par exemple, à Angkor, pour 40 USD, on visite le site, bien plus grand, pendant 3 jours. Au Machu Picchu, pour y passer 3 jours, il faut payer 3 fois !

Bref, après la caisse, on peut enfin profiter de cette petite merveille: à la fois un formidable témoignage d'une civilisation précolombienne, mais aussi un cadre naturel exceptionnel.
Mais au fait, que signifie "Machu Picchu " ? Tout simplement, "montagne ancienne" en quechua... ! Le site est dominé par "Huayna Picchu", la "montagne jeune", pic vertigineux.
Ici, la végétation est plus tropicale, généreuse (tout comme les moustiques!). Tout est vert, humide;  on parle de "jungle d'altitude".
Vue sur le Machu Picchu. Au centre, la place centrale. E arrière plan, le Huyana Picchu, dont Loíc a fait l'ascension.
Pour la petite leçon d'histoire (rassurez-vous, c'est bientôt les grandes vacances !), le site fut occupé au XVème siècle, sous le règne de Pachacútec... et fut redecouvert en 1911 par l'archéologue américain H.Birgham. Enfin, redécouvert si l'on veut, puisque les Indiens eux n'avaient pas perdu de vue l'existence de ces ruines où deux familles vivaient encore au début du XXème siècle. De nos jours, seuls quelques alpagas y résident, mais ce n'est pas leur milieu naturel.

Au final, on ne sait pas grand chose du Machu Picchu et les suppositions sont nombreuses. Mais cet aspect énigmatique participe du mythe de la cité perdue.

Toujours est-il que cette ville pouvait abriter entre 1200 et 1800 personnes, visiblement le souverain inca et sa cour, ainsi que tous les services qui y sont attachés. On distingue  un quartier "chic", supérieur, fait de maisons en pierres parfaitement jointes (pour les édifices religieux et les notables) et une zone inférieure où les murs sont plus grossiers,: c'est là que résidaient les agriculteurs, vivant à côté des terrasees cultivées.
Dans le quartier des temples, au sommet de la cité, on remarque l'Intiwatana, c'est-à-dire le "lieu où l'on attache le soleil". C'est un promontoire pyramidal qui aurait servi d'observatoire astronomique. D'ailleurs, lors du solstice d'été, le soleil y perce par un trou dans une pierre: trop forts ces Incas!

Au final, déambuler entre ces ruines si photogéniques et  remarquer l'ingéniosité des Incas fut pour nous une expérience inoubliable.
Allégés en dollars mais pleins d'émotions, nous avons ressenti ce jour là le sentiment que notre voyage se terminait ici...et que nous pouvions alors revenir à la maison, heureux d'un "devoir accompli".

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12 juin 2007 2 12 /06 /juin /2007 08:56
"La Pa, La Pa, La Pazzz ! ": c'est ainsi que les chauffeurs de bus boliviens scandent  la destination de la capitale, d'une voix chantante. Si la capitale la plus haute du monde se nomme officiellement " Ciudad de Nuestra Señora de La Paz " (Ville de Notre-dame de la Paix), elle n'a rien de "paisible", surtout que nous y sommes arrivés le jour le plus animé de l'année: C'était samedi 2 juin, jour du Gran Poder (qui rime avec Grand Bordel): c'est LA fête de La Paz, celle qui occupe toute la ville durant 2 jours, surtout celle pour laquelle il faut arriver la veille ou le lendemain, mais jamais pendant, ce que nous avons fait ! Venant du nord du Chili, en bus, nous sommes arrivés vers 17h, au beau milieu de ce défilé folklorique long de plusieurs kilomètres, attirant des milliers de spectateurs et bloquant toutes les rues. Ah, la bonne idée ! Nous étions là, plantés avec nos sacs à dos au milieu de la foule pressante, à essayer vainement de franchir les principales artères à pied; ça faisait un peu "Braderie de Lille", version bolivienne. "Passage interdit" entend t-on, "aucun taxi ne passe"... Ah, la bonne nouvelle ! Nous voulions nous installer dans un hôtel central, au coeur du quartier touristique... Après une heure et demie de tentatives, nous finissons par trouver notre sauveur : un passage souterrain ! OUF! Nous nous installons enfin, il est 19h.
Dans les rues, ça chante, ça danse, ça tambourine de tous les côtés. Le spectacle est impressionnant par ses couleurs. Tous les danseurs sont costumés et maquillés, on se croirait à Rio de Janeiro. Bien sûr, nous ne vous livrons pas de photos, car une telle foule n'invite pas forcément à étaler ses richesses ! D'autant que 5 min à peine après avoir posé le pied dans la rue, une bousculade provoquée avait déjà permis à un Bolivien de sortir le porte-monnaie de Loic de sa poche. Mais, hé, hé, bande de p'tits malins, il est toujours attaché à son short par une cordelette! Bien tenté quand même ! Fatigués par cette cacophonie, nous avons malgré tout bien dormi. Dans la rue, le cortège carnavalesque s'est poursuivi jusque 3h du matin, certes un peu désorganisé et très imbibé d'alcool !

La ville de La Paz a été fondée dans un site d'exception. Elle s'étage de 3200 à 4000m d'altitude, au fond d'un large canyon. Lorsqu'on y arrive depuis l'altiplano, le regard ne peut quitter la vitre du bus: c'est un paysage urbain unique, très terne. Les habitations de brique, couleur terre, épousent tous les flancs de la vallée. Une cuvette monochrome.

Ici, la logique spatiale est inversée: d'habitude, dans les villes, les populations riches vivent sur les hauteurs. Mais à ces altitudes, chaque fois que l'on s'élève de 100m, la température baisse de 0.7 degré. Alors les quartiers riches sont installés au fond de la cuvette et les pauvres résident à El Alto, à 4000m, sans chauffage, bien sûr.
Malgré cela, la ville est très animée et colorée: les trottoirs sont recouverts de marchandises, les boliviennes portent des tissus multicolores.  C'est aussi très bruyant, ca grouille, les taxis klaxonnent sans cesse, la circulation est chaotique. Mais La Paz est également une ville très pauvre  et les petits métiers sont omniprésents : cireurs de chaussures, vendeurs de cacahuètes... Beaucoup d'enfants travaillent, les petites filles aident à la maison souvent. N'oublions pas que la Bolivie est l'un des pays les plus pauvres du monde. Sa capitale le reflète bien.
Pour autant, on se s'est jamais sentis en insécurité ( Bon, OK, on ne s'est jamais promenés vers 2h du matin avec nos Cartes Bancaires sur nous !). Nous avons passé à La Paz une semaine excellente en compagnie d'amis de voyage venus nous y rejoindre: citons Anne et Yoann et Mirjam et Olivier.

S'il n'y a pas grand chose à voir dans la ville même (plaza san Francisco, musée de la coca, quelques demeures coloniales), il y a en revanche beaucoup à faire dans les environs.

Ainsi, à 70 kms de là, nous sommes allés voir les ruines de Tiwanaku, du nom d'une civilisation antérieure aux Incas (apogée du 8ème au 12ème siècle) qui établit là sa capitale. Globalement, nous avons été déçus : les explications étaient lacunaires et il fallait une grande imagination pour y voir les restes d'une brillante civilisation. Néanmoins, avec la Porte du Soleil, le mur amplificateur de son , les masques d'un temple souterrain et quelques monolithes, on pouvait se croire dans "Tintin et le Temple du Soleil". Hergé se serait en effet inspiré de ce site pour écrire sa célèbre BD!

Notre semaine passée à La Paz ne le fut pas tant pour l'intérêt limité de la ville que pour son environnement exceptionnel.
Ainsi, de l'autre côté de la cordillère royale se trouvent les Yungas, hautes vallées verdoyantes faisant la transition entre l'altiplano et les plaines amazoniennes. Depuis le début de l'année, une nouvelle route relie La Paz aux Yungas. Mais jusqu'à l'année dernière, ce trajet empruntait la "route la plus dangereuse du monde", encore surnommée la "route de la mort". Ce titre était parfaitement justifié: c'est une piste de 35 kms de long, large d'environ 3m, ne permettant pas aux véhicules de se croiser avec aisance, et taillée à flanc de montagne. En moyenne, il y avait auparavant un accident mortel par semaine (camions, voitures, bus). Le précipice est parfois profond de 1000 mètres.
Depuis plusieurs années, Emilie avait formellement interdit à Loic la simple possibilité d'évoquer cette route...que beaucoup de touristes descendaient  en VTT, à la recherche de sensations fortes et au péril de leur vie.
Mais le gouvernement bolivien a enfin fermé cette route maudite. C'est une très bonne nouvelle, surtout pour Loic ! Désormais, les touristes sont les seuls à l'emprunter; ceci change toute la donne...il n'ya plus de risque de tomber nez à nez avec un gros truck au détour d'un virage en épingle à cheveux. Alors ca y est ! Nous l'avons descendue, nous aussi, à VTT, au cours d'une journée inoubliable (Rappelons qu'Emilie est spécialiste en descente !). Emilie, suivie de pres par la voiture balai ! Normale, j 'etais la derniere tout le long!
Le départ se fait depuis un col à 4700m d'altitude pour arriver à 1200m, soit 3500m de dénivelé sur une longueur totale de 64 kms. De l'altiplano sec aux bananiers et aux cascades vaporeuses. Cela faisait bien longtemps que nous n'avions plus vu de papillons, de fleurs ni senti d'odeurs tropicales. On s'est progressivement déshabillés au cours des 4h de descente pour arriver en tee-shirt. Nos bras n'avaient pas pris l'air depuis des mois. Les moustiques, eux aussi, étaient ravis !

Mais comment aller  en Bolivie sans profiter des joies de la montagne (dixit  Loic)? La Paz est en effet située au pied d'une imposante chaîne de montagne, la Cordillera Real (cordillère royale), dont le nom donné par les premiers conquistadores évoque la majesté. Plusieurs ascensions s'offraient à Loïc (Illimani, huayna Potosi, Alpamayo Pequeño) mais c'est finalement vers l'esthétique Condoriri (La Cabeza Del Condor) que Loïc s'est tourné. Une nuit de bivouac au bord de la Laguna Chiarkhota (plus belle chambre de Bolivie) fut de nouveau nécessaire avant d'attaquer la montagne.
En forme d'amphithéâtre, le massif du Condoriri s'ouvre, tel un paradis pour alpinistes, à 180 degrés autour de la lagune. La silhouette des sommets est vraiment unique, mais la Cabeza Del Condor (la tête du condor) dominant tous les autres sommets du massif, est de loin la plus belle. Son ascension offre à ses prétendants un panel varié des différentes techniques de grimpe: un pierrier long et fatiguant (dont on se serait aisément passé), une remontée sur glacier serpentant entre de profondes crevasses, un couloir de neige incliné à 65 degrés et enfin, une longue arête, raide et aérienne, offrant un panorama à couper le souffle (qui l'est déjà) sur toute la chaîne. Sur l arrête sommitale du Condoriri.
Comble du bonheur, les conditions climatiques exceptionnelles (soleil, absence de vent) ont rendu cette ascension très agréable (contrairement aux conditions sur le Parinacota), bien que fatiguante (3 grosses ascensions en 8 jours !). Au sommet du Condoriri
Pour Loïc, cette sortie en montagne représente probablement sa meilleure expérience à ce jour, car l'une des plus techniques mais aussi l'une des plus belles. Et pour Emilie, ce fut 2j de repos, de bons restos et de shopping entre amis à La Paz.
Toujours accompagnés de Mirjam et Olivier, nous avons enfin quitté La Paz pour rejoindre Copacabana, sur les rives du Lac titicaca, plus haut lac naviguable du monde (3810m).
Retrouver un paysage lacustre, des barques peintes de couleurs vives, et une ambiance de plage nous a fait beaucoup de bien même si nous sommes toujours à haute altitude.
Bercé de légendes, le Lac Titicaca est un lieu mythique pour nous, une grande étape de notre voyage. Il était aussi symbolique pour les Incas. Quand on arrive sur ses rives, on comprend vite pourquoi le lac fut sacré: la beauté a toujours inspiré les grandes civilisations. On dit que les Incas y auraient englouti leur trésor pour le sauver des mains avides des Espagnols. On entend aussi qu'une ville giserait sous ses eaux... Le mythe est loin de s'éteindre.

Cette mer intérieure n'est pas homogène; elle est parsemée d'îles aux noms qui laissent rêveurs.
Nous avons ainsi passé  une journée à traverser à pied l'île du Soleil, sur les traces des Incas. Leurs anciennes voies longent les crêtes. Trois plans se succèdent, de toute beauté : l'île, le lac, la Cordillère Royale. On se prend pour un Inca, au pied de la Roche Sacrée ou du temple labyrinthique, mystérieux, surplombant le lac scintillant. En continuant, on traverse des terrasses incas cultivées aujourd'hui par les quelques habitants de l'île. Quelle chance de vivre ici, dans ce décor quasi-méditerranéen, fait de pierre, de sable blanc, de collines et baigné par les eaux limpides du lac. Avec Mirjam et Olivier, Ile du Soliel, sur le Lac Titicaca

Après 25 jours de régal en Bolivie (culture, nature, sport, paysages), nous continuerons notre route sur les rives du Titicaca, qui unit deux pays. Nous poursuivrons vers Cuzco, sa vallée sacrée et le Machu Picchu: le coeur de l'empire Inca, ou le Pérou d'aujourd'hui.


 

 

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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 20:12

C'est au Chili et en Argentine que nous avons passé la plupart de notre temps depuis notre arrivée sur la continent sud-américain début mars. Revenons donc sur ces deux pays de contrastes, que nous avons tant aimés, pour le meilleur et pour le pire !

LE MEILLEUR : CHILI-ARGENTINE:

- Elodie! 2 semaines pour une véritable bouffée d'air, des "vacances dans les vacances". Elodie, forte de son enthousiasme et de toutes ses qualités s'est fort bien adaptée aux contraintes du voyage... C'est sans conteste le meilleur de ces trois derniers mois.

- Les ascensions de Loïc ! Du Tronador au volcan Parinacota, une réussite à tous niveaux!

- L'île de Pâques, véritable bonus de ce voyage: ses mystères, sa beauté sauvage, son ambiance polynésienne.

- Les rencontres avec d'autres touristes  : par moments, nous étions une petite équipe, se retrouvant dans les hôtels, les restos, ou pour les visites; Citons entre autres les Marion, Thomas et Mia, Capucine et Sylvain, Leslie et Damien, Philippe et Nathalie et Karine.

- La nourriture: ici, c'est trop bon! Non que les repas soient gastronomiques tous les jours, mais c'est copieux. Les viandes bovines sont divines, les empanadas fondants, les produits laitiers savoureux,  et la purée comme à la maison.
Ajoutons aussi le pain: après plusieurs mois de pain de mie, c'est un régal de retrouver cette base de l'alimentation.
Mais nous ne pouvons pas faire l'impasse sur les pâtisseries, notamment celles à la dulche de leche; citons par exemple les churros, ces beignets fourrés saupoudrés de sucre glace (n'est-ce pas Elo?), on ne peut plus s'en passer !

- la très bonne qualité des infrastructures: hôtels, restos, bus: les routards voyagent dans d'excellentes conditions au Chili comme en Argentine; c'est à la limite du luxe ! A San Martin de Los Andes, nous avons loué un chalet tout equipé pour 20 euros !

- le chauffage des chambres en Patagonie.

- le parapente, avec Elodie, une grande première entre amis, des sensations fortes... S'envoyer en l'air avec Ricky Martin, ca vaut le coup !

- les paysages bien sûr, à couper le souffle: glaciers, pics, déserts et volcans de la cordillère...

- notre bonne santé ! Rien A Signaler ici, à part un air de rhume en Patagonie. Les voyages fortifient !

- l'amabilité de la population.

- à la demande expresse d'Elodie, nous ajoutons : "les Argentins", qui ont, il est vrai un charme fou !

LE PIRE: CHILI-ARGENTINE:

- le business des Parcs Nationaux de Patagonie. Cette région, très touristique il est vrai, coûte très cher. Les billets de bus sont parfois vendus 10 fois le prix courant... Une nuit en refuge coûte 35 dollars US, pour un seul matelas, sans couverture ni petit-déjeuner ! L'entrée du Parc Torres del Paine coûte 23 euros... alors que le Parc Los Glaciares, au pied du Fitz Roy est gratuit ! La nature prend là une vraie dimension commerciale. Et n'allez pas nous dire que c'est pour protéger la nature...ou alors venez voir !

- L'antipathie de certains locaux, trop habitués a déconsidérer les touristes. Pourtant, nous faisons attention, nous aussi, à chaque fois, à ne pas se laisser-aller. Mais les gens pas sympas, basta!

- Les horaires de certains bus : 5, 6, ou 7h du mat', c'est un peu tôt, non? Surtout qu'une fois, c'est Emilie qui a réveillé le chauffeur du bus chez lui, alors que nous patientions tous dehors, depuis 20 min, par quelques degrés !

- Les routes en Argentine: en résumé, l'Argentine, c'est une déviation à elle toute seule !

- Les chiens errants, livrés à eux même et traînant au bord des routes. Ils ne sont pas agressifs, mais semblent vraiment malheureux et vulnérables. Plusieurs d'entre eux nous ont accompagnés en randonnée...

- les horaires des magasins ! Ici, entre 13h et 16-17h, tout est fermé ! Bon, OK, de ce fait, les boutiques restent ouvertes jusque 21h minimum... mais cela nous a souvent posé des petits problèmes...

- le passage de la frontière entre le Chili et l'Argentine: des papiers, encore des papiers, et surtout des heures d'attente... tout ça pour des tampons mis n'importe où sur nos passeports ! Nous avons toujours passé la frontière en bus, avec des dizaines d'autres passagers... Ras-le bol de faire la queue-leu-leu dans le froid ! Quand aux simulacres de fouilles de nos sacs a dos... ca aussi, on en a marre!

- le ragoût de couenne de Bariloche ! Voyant que d'autres argentins dégustaient un bon plat de viande mitonné avec des petits légumes...Emilie a commandé la même chose, songeant avec délices au ragoût de mouton et haricots de sa maman... Les petits légumes étaient en fait des morceaux de couenne ... Beurk ou comment passer du ragoût au dégoût !

- la pollution des grandes villes: Santiago, Mendoza... Soleil voilé, toux, horizon invisible...

- la vitesse des chauffards argentins... Patrie de Fangio oblige?

- le vent en Patagonie !

- Le débit des chiliens et leur accent, plus difficile à comprendre qu'en Argentine.

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1 juin 2007 5 01 /06 /juin /2007 14:49

Ultime étape de notre périple chilien, le Parc National Lauca est digne des plus belles cartes postales sud-américaines. L'accès se fait depuis Putre, village aymara perché à 3530m d'altitude, qui fut notre camp de base pour quelques jours.  A 50 kms de la Bolivie, Putre semble déjà bolivien, du moins très andin. Ici, on est loin du rythme effréné de Santiago: à peine quelques 4x4, une odeur de ferme régnant dans les ruelles (ça sent l'bouc, même dans le centre internet!), un seul bus par jour reliant Arica, sur la côte...

C'est accompagnés de Justino, un guide aymara que nous avons découvert les beautés de l'altiplano chilien, à 4500m d'altitude. Les deux stars du parc Lauca sont sans conteste les Payachatas, les "frères jumeaux" (en aymara) incarnés par les cônes très esthétiques des volcans Parinacota (6342m) et Pomerape (6282m), encapuchonnés de neige éternelle.
Lorsqu'on poursuit vers la frontière, on aperçoit le Sajama, point culminant bolivien avec ses 6520m. La beauté de ces montagnes est tout simplement enivrante et ne peut laisser insensible un Loïc amoureux des hauts sommets comme vous le savez déjà.

La jolie église du village de Parinacota, aux murs blanchis à la chaux. Le clocher est séparé de l'église. Les locaux disent qu'ils sont "l'homme et la femme". Pas très catholique tout ça! Au coeur du parc, de manière inattendue, se niche un hameau presque dépeuplé, organisé autour d'une petite place et d'une église pittoresque; c'est le village de Parinacota, qui en aymara signifie "là où vivent les flamants pourpres". A plus de 4300m d'altitude, la vie pastorale ne sait plus retenir la jeune génération.

Mais le Parc National Lauca, c'est aussi un véritable jardin d'Eden dans lequel les bofedales (zones où l'eau affleure, formant un milieu écologique unique - un marécage quoi !) permettent à quantité d'oiseaux de s'ébattre (amis ornithologues, ce paradis est fait pour vous!) : foulque géante, ibis, flamants roses, ouette des Andes (non, non, pas mouette !) et même des canards! Il y  a aussi une multitude d'autres espèces mais là, nos connaissances ont des limites et notre mémoire aussi !

Troupeau de lamas dans le parc Lauca. Au second plan, le lac Chungara. En arriere plan, le volcan Sajama.Le tableau ne serait pas complet sans l'évocation des troupeaux de lamas, alpagas et autres vigognes (sauvages celles-ci) qui peuplent les lieux, ainsi que les étonnantes viscaches, cette espèce de lapin/écureuil aimant à se faire chauffer la fourrure au soleil, ou à jouer à cache-cache dans les rochers où elle se confond.  Petite viscache prenant le soleil. Ce mammifère rongeur d'Amérique du Sud, est voisin du chinchilla. Sa fourrure est très recherchée

Malgré les faibles précipitations, l'eau abonde ... et deux perles achèvent de composer le panorama idyllique du parc : si la lagune Cotacotani brille des mille reflets du soleil, le lac Chungará, plus haut lac du monde (à 4550m) et battu par les vents en cette saison, ne laissa pas se refléter dans ses eaux le cône parfait du volcan Parinacota, comme on aurait aimé le voir. la lagune Cotacotani au pied des Payachatas
Malgré l'altitude et grâce à l'abondance d'eau, le parc est très vert, notamment grâce à la présence d'une grosse mousse couleur vert-pomme rappelant un coussin (la lareta); vous comprendrez pourquoi le parc est classé "réserve mondiale de la biosphère" par l'UNESCO.

Loic et Caty au sommet du Taapaca.Grisé par ces hauts sommets semblant le narguer en permanence, Loïc n'as pas su résister à l'envie d'aller grimper sur quelques uns des volcans environnants.
1er de la liste, le Taapaca (5815 m) dont les 1100m de dénivelé sur rocher puis sur pente de glace, dominant Putre, lui ont permis de rechausser les crampons et de battre son record d'altitude par-la même. Mais le plus impressionnant de cette ascension de 4h30 fut sans nul doute le rythme de Caty, secrétaire bolivienne de l'agence, dont les globules rouges de son village natal de Sajama, à 4400m, lui permettent d'avancer sans essoufflement. Et que dire de ses deux gilets de laine et de son poncho en guide de vêtements de montagne? Bien sûr, elle n'avait ni bonnet ni gants !

Mais Loïc est gourmand et dès le départ, son objectif inavoué était le volcan Parinacota, plus haut sommet de la région.

Avec ses 6342m, ce volcan constitue un petit défi, même si une (très) bonne acclimatation et un peu de motivation permettent d'en venir à bout.
Un peu de motivation, c 'est le moins que l'on puisse dire car pour vaincre la bête, il faut tout de même accepter de dormir dans une tente à 4800m d'altitude (1 degré à l'intérieur), partir à 3h30 du matin et affronter le vent glacial qui souffle en permanence en cette saison (l'hiuver arrive).

Durant l ascension du ParinacotaLoïc a d'ailleurs bien cru perdre quelques phalanges tant, à un moment, il ne sentait plus grand choses dans ses 3 paires de gants.
Si l'ascension du Parinacota est techniquement facile (cramponnage simple, et piolet), la pente régulière à 40 degrés ne laisse pas vraiment de répit et à ces altitudes, l'essouflement est permanent.
Néanmoins, les 10h d'ascension prévues se sont tranformées en un peu moins de 6h et en milieu de matinée, du haut de ce belvédère de luxe, tout le parc Lauca s'offrait devant nous, ainsi que le Pomerape et le Sajama si proches.

Et pour ceux à qui  l'altitude du Parinacota ne parlerait pas, 6342m, c'est :
le Mont Blanc (4810m) + Table Mountain (1073m) + Le Mont des Cats (158m) + Le Groenberg, à Bergues (22m) + le beffroi de Lille (101m) + la dune du Pilat (107m) + l'Arc de Triomphe (50m) et dix bons joueurs de basket !

Mais vous vous demandez peut-être ce que faisait Emilie pendant toutes ces heures? Et bien vous avez sans doute reçu des mails plus nombreux ou passé des heures sur msn avec elle à faire des bétises devant la webcam... Emilie se la coulait douce à Putre : réveil tardif, internet à gogo et lecture!

C'en est donc fini du Chili pour nous... Vous retrouverez bientôt le meilleur et le pire...

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 21:26

Arrivés fatigués de notre excursion inconfortable en 4x4 dans le sud bolivien, nous comptions bien recharger nos batteries à San Pedro, côté chilien.

D'abord totalement déçus par ce bourg envahi de sable et de poussière que le vent faisait virevolter à plaisir dans des rues non goudronnées, nous avons ensuite été conquis par le charme et la sérénité du lieu: on pourrait facilement y passer une quinzaine de jours...que nous n'avons plus car notre décompteur s'est doucement mis en marche !

Déjà, il faut préciser que nous y avons trouvé une jolie chambre, à l'atmosphère chaleureuse  et d'une propreté irréprochable: douche chaude + couette moelleuse = le bonheur ! La terrasse ensoleillée équipée de mobilier de jardin a achevé de nous conquérir. De plus, si l'on vous dit que nos voisins de chambres étaient une sympathique famille de tourmondistes belges, vous comprendrez que l'on se croyait presque à la maison!

Ensuite, fief touristique de longue date, San Pedro a su s'équiper d'une multitude de délicieux restaurants, dont un tenu par un chef français (avec un serveur ch'ti !), où il fait bon s'attabler  en soirée, autour d'une cheminée et devant un menu complet (pour 6 euros !). Nous y avons retrouvé avec joie de succulentes pièces de viande grillées.

Alors voilà, ralentir un peu le pas l'espace de quelques jours, savourer un petit-déjeuner pris au soleil en compagnie du charmant châton de la maisonnée, et ôter gants et bonnets, du moins pour la journée, ça donne deux tourmondistes regonflés !

Mais le charme de San Pedro ne s'arrête pas là. Déambuler nonchalemment dans les rues où tous les murs sont fait d'adobe ou contempler la beauté simple d'une église aux murs blanchis, se détachant sur un ciel sans nuages, c'est cela aussi qui contribua à nous faire oublier nos déconvenues touristiques du Sud Lípez.



Si Emilie a davantage ralenti le rythme, Loïc, lui, comptait bien profiter du lieu pour s'adonner à de multiples activités sportives: randonnée, surf sur des dunes géantes, VTT, ascension d'un volcan actif...

 

 

Enfin, san Pedro de Atacama, c'est surtout un cadre unique: celui d'une oasis lovée au creux d'une rivière au débit ralenti, entourée d'une interminable chaîne de volcans (plusieurs centaines) de la précordillère des Andes et située au milieu d'une plaine parmi les plus arides du monde. Ici, il pleut environ 5 fois par an et chaque averse dure 2 minutes... Rien que du minéral !
D'ailleurs, les noms des vallées environnantes vous donneront déjà un avant-goût des paysages: Vallée de la mort, Vallée de la Lune (et oui Elodie, il y en a plusieurs!), Salar d'Atacama... Tous ces reliefs ont été scupltés par les éléments durant des milliers d'années. Ici, plus qu'ailleurs, la complexité géologique est impressionnante.

Mais depuis le promontoire de Quitor, où siège une forteresse précolombienne (pukara), la bourgade apparaît comme un îlot de verdure au milieu du désert. Le soir, la nuit se fait très fraîche, mais n'empêche pas d'observer les étoiles étinceler dans un ciel parfaitement clair. Merci San Pedro !

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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 15:02

Encensé pour ses grandes étendues désertiques, la réputation du sud-ouest bolivien n'est plus à faire; Le désert de sel d'Uyuni ainsi que le sud Lípez constituent pour beaucoup de voyageurs en Amérique du Sud le but ultime, l'aventure en soi.

-
Point de départ, la ville d'Uyuni, autrefois carrefour ferroviaire d'importance. Arrivant de Potosi à bord d'un bus défraîchi, à 19h, ... on est vite plongés dans l'ambiance de cette ville-fantôme, qui ferait le décor parfait d'un western. On est ici au milieu de nulle part, dans une ville crééé d'ailleurs de toute part il y a plus d'un siècle: rues désertes, balayées par le vent, plan en quadrillage, quelques âmes qui vivent,... Vite ! Un hôtel ! Mais pas de quoi se réconforter non plus côte hébergement: la température des chambres ne dépasse pas les 12 degrés, et l'eau de la douche sera chaude demain nous dit-on...
Pour s'aventurer dans les grands espaces, une seule solution: participer à un tour organisé par une agence. Les critiques à l'égard de certaines sont tellement virulentes que l'on ne voulait pas se jeter sur la premiere venue; Pourtant, il est bien difficile de faire le tri car toutes proposent, à la virgule près, la même chose. Finalement, après avoir pesé le pour et le contre, nous avons jeté notre dévolu sur "Cordillera Traveller", agence recommandée par notre guide et par d'autres français.

- Dimanche 20 mai, Jour J, 11h30: après nous avoir fait poireauter une heure, notre agence bien-aimée nous informe que nous sommes les deux seuls participants et décide de nous caser dans le 4x4 d'une autre agence, inconnue au bataillon, à qui il restait comme par hasard deux places. Chouette ! Toute cette réflexion pour rien ! Un conseil: si on vous dit que deux Suisses doivent arriver de La Paz en bus, ne le croyez pas ! Ils ont tous le même argument !
Nous voilà donc partis, accompagnés de 5 autres touristes et d'un chauffeur, Octavio. A notre surprise, il n'y a pas la cuisinière prévue. Les sacs sont chargés sur le toit du 4x4 plus que fatigué pour ne pas dire en fin de vie. Allez, on y croit  !

- 1ère étape, un arrêt au "cimetière des trains", en sortie d'Uyuni, où d'antiques locomotives rouillées témoignent d'un passé définitivement révolu.

- Enfin, à 13h, nous entrons sur le salar tant attendu. Les véhicules semblent flotter au loin...Du blanc, du blanc partout. Il s'agit de la plus grande étendue de sel à ciel ouvert du monde, grande comme deux départements français et vestige d'une ancienne mer intérieure s'étant asséchée. D'une blancheur immaculée, ressemblant au premier abord à de la neige, le sel forme des hexagones imbriqués les uns dans les autres. Quand on pose le pied dessus, on entend "scroutch"... Ce sel non iodé est exploité pour être commercialisé. Quel dur métier que d'amasser à la pioche de petites pyramides de sel, avec une telle réverbération (d'ailleurs, le salar serait visible depuis la Lune).
Le salar, paysage inédit pour nous, est ceint de montagnes et de volcans. Tantôt une île, fascinante, émerge de cet océan de sel comme pour briser cette magnifique monotonie. L'isla Incahuasi ( la maison de l'Inca, en quechua) est peuplée de cactus géants centenaires voire millénaire.

Le paysage est tellement envoûtant qu'on aurait aimé le traverser de part en part, à pied ou en vélo comme ces deux courageux que nous avons croisés. A nous, une seule heure et demie sera accordée; Cela nous laisse juste le temps de nous dégourdir les jambes et de prendre quelques photos à l'illusion d'optique toujours réussie... Tout semble à la fois proche et lointain. Mais on ne rattrape pas le temps perdu... Prétextant une longue route, notre chauffeur nous presse de repartir, oubliant que c'est lui qui est parti en retard... Nous quittons donc le salar, enchantés et déçus à la fois.

- Notre première nuit eut pour cadre un hôtel intégralement bâti en briques de sel: des murs aux lits en passant par les tables, les tabourets et les bougeoirs ! Cela nous a permis de prolonger un peu l'ambiance "salée" ! De plus, il n'y faisait pas si froid: 12 degrés. Comble néanmoins: à table, il n'y avait pas........... de sel !

- Le lendemain matin, notre 4x4 semble s'être encore un peu plus rapproché de la fin de sa vie... Bien sûr, dans ces cas là, il ne faut pas espérer la moindre tentative de communication de la part des Boliviens. On finira par comprendre que notre équipée doit changer de véhicule mais aussi de chauffeur (qui n'est surtout pas un guide! )
Nous voilà repartis vers de plus hautes altitudes. S'en est fini du sol lisse  du salar... Désormais, c'est piste, cailloux et cahots du Lípez. Après le mirador du volcan Ollagüe (où Victor  nous accorde, ô bonheur, 10 min d'arrêt), nous enchaînons les lagunes multicolores, toutes plus photogéniques les unes que les autres. Dans ces déserts d'altitude, ces réserves de vie abritent des myriades de flamants roses, mais aussi des rapaces, des renards et d'autres troupeaux de vigognes. Les couleurs sont explosives : bleu du ciel, rouge ou soufre des volcans, blanc du sel et reflets argentés des lacs. On nage en pleine carte postale. Il faut venir jusqu'aux sublimes mais éloignées lagunes Cañapa, Chiarkota, Honda ou Colorada pour y admirer les dégradés de couleur se refléter dans les eaux et se mélanger en un ton parfois inédit. Chaque lac est un monde à part. 
- A 4280m d'altitude, nous appréhendions notre seconde nuit dans un refuge spartiate, sans eau ni chauffage. Malgré les 8 degrés du dortoir, nous avons passé une nuit pas si désagréable grâce à nos duvets. Emilie a trouvé une astuce: remplir d'eau bouillante sa gourde en métal pour en faire une bouillotte...A chacun sa stratégie!

- Mardi 22, 5h, départ: Nous comprenons immédiatement notre douleur; Avec -15 à l'extérieur et une température en dessous de zéro dans le 4x4, nous avons mis plus d'une heure et demie à nous réchauffer. Notre aimable chauffeur (plus rustre, tu meurs!) a bien entendu refusé de mettre le chauffage, trop absorbé à maintenir une trouée dans le givre du pare-brise pour y voir clair (dégivrant ou carton, ils ne connaissent pas!).

- A 6h nous sommes arrivés, quasi-congelés, aux geysers Sol de Mañana (soleil du matin, mon oeil !) où de la vapeur à 200 degrés (ici, c'est soit trop chaud, soit trop froid) s'échappe du sol, témoin d'une forte activité volcanique, dans la froidure d'un air vif, à 4900m d'altitude. Pardonnez-nous pour l'absence de photo, mais on avait vraiment pas le courage de sortir du 4x4 !

- Toujours aussi pressé de se débarrasser de nous, Victor nous a fait traverser le désert de Dali (clin d'oeil au peintre catalan qui s'en serait inspiré pour l'un de ses tableaux), ses sculptures rocheuses et ses pastels d'ocre, de rouge, d'orange et de jaune à toute vitesse pour nous mener vers la Laguna Verde. Ce dernier site est fabuleux : un lac, joyau d'émeraude, néanmoins trop acide pour que la vie s'y développe, au pied d'un volcan à la forme parfaite, le Licancabur, sacré pour les habitants de l'Atacama, au Chili. Mais cette fois, c'est la  rigueur d'une bise pénétrante qui aura raison de nos velleités.

- Après de multiples péripéties pour sortir de Bolivie (genre le 4x4 qui fume côté passagers), nous finissons tant bien que mal par rentrer au Chili (OUF !), par San Pedro de Atacama. Bien que redescendus en altitude, nous n'aurons pas plus de chance de l'autre côté de la cordillère, car une tempête de sable s'était levée our nous accueillir !

Alors, le Salar d'Uyuni et le Sud Lípez, point d'orgue d'un voyage en Amérique du Sud?

Voici notre avis: si les paysages sont réellement époustouflants, enchanteurs, hallucinants, la traversée motorisée à toute vitesse ne peut que vous laisser sur votre faim, même s'il est vrai qu'ici commence la saison la plus froide, ce qui peut vraiment décourager les plus motivés.
Mais si les agences continuent de traiter les touristes comme du bétail, la route des Bijoux (Ruta de Los Joyas) ne brillera bientôt plus d'un seul carat auprès des routards !

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 20:47

Mardi 8 mai, nous entrions en Bolivie après avoir quitté définitivement l'Argentine. Notre but : y effectuer un premier séjour avant de rejoindre le nord du Chili, histoire de prendre le "pouls" du pays... et y revenir ensuite par l'extrême nord chilien.
Le passage de la frontière s'est effectué sans encombres mais nous avons d'emblée relevé la plus grande pauvreté du pays: porteurs pliants sous le poids de sacs de marchandises, petit métiers plethoriques, faible coût de la vie (un menu complet dans une gargote revient à 10 Bolivianos, soit 1 euro), mendiants plus nombreux...
La Bolivie semble aussi avoir la côte auprès des Français, que nous avons rencontrés en grand nombre. Ainsi, dans le bus reliant la frontière à la bourgade de Tupiza, nous avons fait la connaissance d' Anne et  de Yoann... Heureusement qu'ils étaient là pour nous faire oublier le confort des bus argentins et  les routes asphaltées ! Nous avons ainsi passé une semaine ensemble, débutée à Tupiza. Au programme de ce superbe coin de nature: randonnées pédestres et équestres, petits restos et échanges d'expériences sud-américaines.

La gare routière de TupizaPour rejoindre Potosi, notre 2ème étape, nous avions réservé 2 sièges dans le bus de 10h. Bien sûr, ce dernier est parti en retard... Cette attente imprévue nous a permis de redécouvrir la vie trépidante d'une gare routière, chacune étant une "mini-Bolivie" à elle seule: les paquets mal ficelés attendent d'être chargés, les rabatteurs des compagnies de bus scandent "Potosi, Potosi, Po-to-si !", les vendeuses de mandarines montent inlassablement dans les bus en partance, la "dame-pipi" plie et empile infatigablement des feuilles de papier-toilette rose et quelques touristes regardent machinalement leur montre. Bref, ce microcosme grouillant fait le bonheur des voyageurs impatients ! 
Les trajets de bus rendent le pays bien plus grand qu'il ne l'est en réalité;Tupiza-Potosi nous le rappela durement : 7h de piste poussiéreuse, virages sur virages, musique abrutissante (malgré les bouchons d'oreilles !), passagers en surnombre dans l'allée centrale, odeurs multiples et pas forcément agréables, ... et pour couronner le tout, nous avons récupéré nos sacs dans un état ignoble (essence, graisse, poussière: cool...!) alors qu'on ne les avait pas salis en 8 mois ! Bref, nous étions bel et bien en Bolivie !

Après cette liaison éprouvante, nous retrouvions comme convenu  Capucine et Sylvain, rencontrés fin mars en Patagonie, à leur hôtel "la Compagnie de Jésus" (ça ne s'invente pas!). Eux même avaient sympathisés avec deux autres françaises et c'est donc en "groupe organisé" (qui a dit que nous voyagions en routards ?) que nous avons passé les jours suivants, de Potosi à Sucre (prononcez Soucré).

Cette première semaine nous a fait découvrir plusieurs aspects de la Bolivie dont on ne soupçonnait pas le formidable patrimoine culturel au travers de 2 villes classées par l'UNESCO:
Potosi, d'abord, seule ville d'Amérique du Sud élevée  au rang de "cité impériale" par Charles Quint, et Sucre, ensuite, la capitale constitutionnelle et juridique de la Bolivie, toutes deux joyaux d'architecture coloniale.

Flanerie à SucreA Sucre, on déambule de places en rues étroites, de couvents en églises et demeures coloniales imposantes, tous et toutes peintes d'un blanc immaculé. Balcons en fer forgés et portails baroques soulignent cet ensemble soigné. Bref, à 2790m d'altitude, il fait bon se reposer à Sucre, lire dans l'un des nombreux parcs en laissant sa peau chauffer doucement sous le soleil, ou déguster un jus frais à l'ombre des arcades romantiques du couvent Recoleta.

A l'inverse, Potosi se laisse moins facilement apprivoiser, étagée à plus de 4000m et cernée par les quartiers pauvres des mineurs. Le triste tribut de ces derniers a fait la réputation mondiale de la ville au XVIème siècle, alors la plus riche du monde. En 1545, lorsqu'un indien dévoila à un conquistador espagnol les richesses du Cerro Rico ,il ouvrit, sans le savoir, la voie à l'une des exploitations les plus meurtrières de l'Histoire.
Cette "montagne riche" recelait tant d'argent qu'on aurait pu en paver une route à double voie reliant Potosi à Madrid ! Les rois catholiques ne s'y sont pas trompés : ils utilisèrent les arrivées massives d'argent pour asseoir davantage leur pouvoir. 
8 millions d'Indiens, et même des Africains (amenés dans le cadre du triste commerce triangulaire) périrent dans les mines de Potosi, à la suite d'accidents, de maladies liées à l'usage du mercure, de fatigue ou de faim.
Mineur du Cerro Rico, Potosi.Aujourd'hui, 6 000 Boliviens travaillent encore dans les mines, pour en extraire du zinc ou de l'argent. Leurs conditions de travail sont dignes de Germinal, pour un salaire journalier compris entre 6 et 10 euros (dont il faut deduire l'achat de la dynamite etc). Plus qu'ailleurs, les mineros recourent aux feuilles de coca, culture typiquement andine, pour leur couper la faim.  Quand on sait que  l'espérance de vie au fond n'excède pas 20 ans, et que l'on voit des enfants de 15 ans y descendre, on mesure le chemin qu'il reste à parcourir à la Bolivie pour améliorer le sort de sa population.

Mais heureusement, la Bolivie, c'est aussi le folklore et les couleurs sont sans doute là pour compenser la dure vie des ses habitants.

Si les marchés sont un pur bonheur pour le photographe amateur, ils constituent aussi une base de la vie sociale bolivienne: on y discute, y achète fruits, légumes et viande séchée... C'est le cas tous les dimanches à Tarabuco, paisible village aux rues pavées situé à une soixantaine de kilomètres de Sucre. La génération des anciens arbore le poncho long ainsi qu'un chapeau de cuir rappelant le casque des conquistadores. Sur leur dos, ils portent un sac en laine tissée... Les piles de tissus colorés du marche de tarabuco.
On dit qu'à Tarabuco se fabriquent les plus beaux tissus de Bolivie...jour de marché à Tarabuco.

Mais le clou de notre semaine fut le spectacle du Tinku, à Potosi. A la base, le tinku est un combat rituel opposant deux communautés et dont le but est de pacifier les relations pour le reste de l'année. L'issue en est parfois mortelle pour l'un des combattants. Ce que nous avons vu fut une joute folklorique à l'échelle nationale. Chaque délégation présentait une danse qui se terminait en combat mimé. Il fallait voir l'ambiance survoltée qui régnait parmi le public familial massé dans le gymnase...  tambours, sifflets, confettis, trompettes étaient de mise ! Danseurs et danseuses du Tinku attendant leur passage. Remarquez la boule de coca dans la joue...

Au final,  une explosion de couleurs, des costumes de toute beauté et des sourires sur toutes les lèvres...C'est aussi cela la Bolivie.

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9 mai 2007 3 09 /05 /mai /2007 21:37

Si faire un tour du monde et plus généralement voyager, c’est aller vers l’autre, on n'en est pas moins heureux lorsque c'est l'autre qui vient vers nous.

Ainsi, après le départ d Elodie avec qui l'on s'est régalés pendant deux semaines, ce fut au tour des T2M de nous lancer un appel.

En voiture avec les t2m, dans les quebradas du nord de l argentine.Les T2M, c est cette sympathique famille d'Hellemmes composée de Thomas, Marion et de la petite Mia  et rencontrée une première fois en Nouvelle-Zélande. Leur invitation à partager une voiture pour visiter le nord de l'Argentine ne pouvait se refuser et après 26h de bus, on s'est retrouvés à Salta, la principale ville de la région. Ce qui fait l'unité de cette région, ce sont les quebradas désignation ici des grands canyons qui entaillent les Andes.

Ces quebradas s'étendent généralement sur 100kms de long et, si Loïc ne désespère pas un jour de parcourir ces paysages à vélo, c'est motorisés et à l'abri de la poussière des pistes que nous nous sommes rincés l'oeil. Car la beauté et la diversité locale inviteraient à une découverte lente et plus vivante de ces splendeurs.

Ici, les falaises de grès rougeâtre et stériles contrastent avec les vallées verdoyantes, les plissements des roches laissent imaginer la force de la tectonique des plaques, les étranges formations rocheuses laissent divaguer l'imaginaire; les toponymes sont très évocateurs: "l'amphithéâtre, le crapaud, le frère religieux, le château ou encore la gorge du diable" .

Pour dresser un tableau un peu plus complet, il faut ajouter ces hauts cactus candélabres, plusieurs fois centenaires si l'on en croit leur rythme de croissance, qui peuplent ces montagnes en nombre bien plus important que les hommes.

Dans ce décor de far-west, il n'est pas difficile d'imaginer une diligence pourchassée par quelques cow-boys, à plus forte raison lorsque l'on sait que Butch Cassidy et le Kid ont été arrêtés il y a tout juste 100 ans ici, dans ce même type de paysage, peu après leur dernier forfait, mais côté Bolivie.

Si l'Argentine est un grand melting-pot, beaucoup d'habitants du nord du pays sont d'origine quechua, du nom de ces indiens qui vivent surtout au Pérou et en Bolivie.

De ce fait, dans le nord de l'Argentine, les vêtements sont en laine colorée, les jupes sont portées par la majorité des femmes, les ponchos sont de mise; les cheveux sont plus lisses et plus noirs que jamais et les pommettes, rougies par le soleil d'altitude, rehaussent encore un teint déjà mate.


Passage obligatoire pour le feu train des nuages...En rentrant en Bolivie et jusqu'à la fin de notre voyage c'est, au grand bonheur de Loïc, le monde de la haute altitude qui nous attend. Au nord de l'Argentine, nous sommes donc déjà dans l'ambiance...comme en transition vers une autre étape de notre voyage, celle des pays andins. D'ailleurs, sur le parcours du "train des nuages", nous avons passé les 4000 m d'altitude, qui seront notre lot quotidien sur l'altiplano bolivien.

De telles altitudes nécessitent une lente acclimatation  et si l'on ne veut pas ressentir son coeur s'emballer, ses poumons réclamer sans cesse davantage d'oxygène ou le sang marteler ses tempes, il convient de monter progressivement.

Les quelques nuits passées à 3000m d'altitude sont une bonne alternative et puis, quel bonheur de dormir dans ces maisons en adobe, ce matériau local issu de la terre et qui se fond parfaitement  dans le paysage, dans des villages aux noms aussi évocateurs que Humahuaca ou Tupiza !

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Published by Emilie et Loïc - dans Amérique du Sud
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2 mai 2007 3 02 /05 /mai /2007 22:11

J'ai vécu l'une des mille et une vies du tour du monde...

Vous pensiez que s'en était fini de la bavarde incessante qui provoque des « glougloutophobies » ! Et bien non je reviens, encore une fois, pour vous conter le deuxième épisode de mon séjour incroyable avec mes stars du voyage ! Je vous rassure c'est le dernier, après je laisse définitivement la plume à nos deux amis.

Comme vous avez pu le remarquer dans mon premier récit, le fil directeur de ces deux semaines pourrait être l'amitié mais aussi le cheval !
Souvenez-vous, ma première à cheval avec Gabriel... Nous avions laissé notre récit au milieu de la posadaLecture sur la terrasse de la posada de Barreal (enfin, tentative de lecture car avec Elo c'est difficile!)
Après la nuit étoilée, nous avons une nouvelle fois succombé à la tradition équestre pour une balade d'une heure autour de Barreal.  Cette fois, mon cheval était beaucoup plus dynamique que le premier ! Et à peine sorti de la posada, voilà qu'il se mit à trotter puis à galoper (heureusement durant quelques secondes seulement !!!) ! Retour de promenade ! Il y avait là de quoi me clouer le bec ! Je n'en menais pas large ! J'ai rangé mon appareil photo et j'ai murmuré des mots doux à mon cheval pour qu'il se calme ! Ça a marché ! Plus de problème pour le reste de la promenade ! En voilà au moins un qui apprécie mes discussions !!

 

Après ce bel interlude rural dans l'Argentine profonde, nous sommes repartis pour le Chili ! Don't cry for me Argentina, je reviendrai, c'est promis !


Nous avons pris la direction de Valparaiso, ville sur la côte Pacifique classée au patrimoine mondial par l'UNESCO. D'après les échos entendus par-ci par-là, nous pouvions nous attendre à voir une ville magnifique, colorée, agréable à vivre ! Mais « Valpo » ne nous a pas autant charmés que tant d'autres !
Nous y avons découvert une ville à deux niveaux : le littoral et les collines. Pour aller de l'un à l'autre il faut emprunter les ascensores (funiculaires) du XIXème siècle. Les collines abritent  un labyrinthe de rues escarpées et des demeures branlantes, couvertes de tôles multicolores. Il s'y dégage une ambiance bohême, néanmoins gâchée par une multitude de câbles électriques disgrâcieux qui s'entrecroisent au-dessus des rues.
Afin de combler notre déception, nous avons déjeuné à la table prometteuse d'un français,toujours dans les collines. Au  filou de Montpellier ,le restaurateur nous a servi un menu digne de la grande gastronomie de notre Douce France ! C'était un vrai régal et pour seulement..5euros ! A ce prix là on viendrait manger chez lui tous les jours !

 Valparaiso, ses collines, ses maisons colorées, ses pentes, et ses fils électriques !

Après avoir flâné deux jours dans « Valpo », nous sommes repartis en direction de Santiago. A notre arrivée la ville était plongée dans une ambiance festive de week-end : tous les dix mètres, des chanteurs, des danseurs, des mimes, s'offraient à la vue de chacun ! Un régal pour les yeux !
Nous déambulions dans les rues animées pour rejoindre le musée précolombien où sont exposées des oeuvres de toute l'Amérique du Sud, d' avant la conquête espagnole. nous y avons vu des masques mortuaires, de superbes céramiques et les momies chinchorros, trésors de la culture indigène du Chili, embaumées bien avant leurs célèbres homologues égyptiennes. Ce musée fut ma dernière étape dans ce magnifique voyage !

Devant le mur d'une école, à Valparaiso. Une citation de Baudelaire.

C'est le coeur gros, les yeux plein de larmes, que j'ai quitté mes amis du bout du monde.  J'ai repris l'avion dimanche 29 avril pour revenir en France le 30 avril. La tête encore pleine d'étoiles, de découvertes, de rires et de joies,  je n'ai pas beaucoup dormi.
Il est parfois difficile de trouver les mots pour décrire ce que l'on ressent, mais je ne pourrais jamais assez remercier Emilie et Loïc pour tout le bonheur qu'ils m'ont donné ! J'ai passé quinze jours extraordinaires, merveilleusement bien organisés durant lesquels  j'ai pu pratiquer, pour la première fois, de nombreuses activités. Emilie et Loïc, vous êtes en OR ! Merci du fond du coeur pour votre amitié et votre générosité.

Dès qu'on peut on remet ça et bla bla bla et glou et glou !!!

Compteurs d'Elodie :

- nombre de pays : 2 dont 1 capitale (Santiago)  

- 25 000 km en avion.

- 48 h de bus soit 2 500 km à travers le Chili et l'Argentine .

- 3h de cheval

- 15 minutes de parapente

- 7 hôtels différents.

- 1420 euros de budget total pour le voyage (logement, nourriture, déplacement, visite,  souvenirs) dont 950 euros de vols et 470 euros sur place ( soit 33,60 euros par jour en moyenne) 

- poids de mon sac à l'aller et chaque jour : 10 kg

- poids au retour : 15kg

- nombre de "premières" : 5: cheval, parapente, observation des étoiles avec spécialiste, le Pacifique, un voyage en routard.

- Nombre de pages lues de mon livre de poche : 10 !  

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Published by Elodie - dans Amérique du Sud
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